LA DIVINE FANTAISIE. Présentation de Vivian Veteau. (extraits)

Les images magiques

L’expression ‘Philosophie éternelle’ a été trouvée par Leibniz ; ce qu’il évoque ainsi, c’est cette métaphysique qui reconnaît qu’il y a une réalité qui est la substance même des choses matérielles, de la vie et de l’esprit ; cette psychologie qui voit dans l’âme quelque chose de semblable ou même d’identique à la réalité divine ; cette éthique qui place les buts de l’homme dans la connaissance d’un fondement transcendant et immanent à tous les êtres ; cette chose qui est universelle et immémoriale. Les rudiments de la philosophie éternelle peuvent être (re)trouvés dans les savoirs des peuples primitifs de toutes les régions du monde, insufflés par les mêmes entités originelles, le même souffle sacré.

De même que les puissants télescopes modernes peuvent fouiller et sonder les tréfonds de l’Univers, de la même manière les textes et les images ésotériques, les clés cachées, les symboles secrets, nous permettent, lorsqu’on les découvre, de remonter le flux de la Tradition jusques en ses plus anciennes et profondes racines ; de capter l’onde primordiale, l’Aüm primitif qui présida à la venue (la tenue) de l’âme dans l’homme. Mais la manipulation des grands télescopes requiert d’infinis précautions et de nombreux et grands savoirs. Mêmement il convient de manipuler les outils et instruments ésotériques, l’athanor et le grimoire, les essences, les pierres, et les talismans. Et le passé remonte alors, lentement, évanescent, sublimé, mystérieux, voilé, mais propre à la révélation.

De pierre en pierre, ainsi qu’on traverse le gué, franchissant à chaque fois une étape dans l’immense océan de la vie, le dépôt divin, l’onguent sacré, s’est fixé ou transmis dans des esprits supérieurs, des génies supérieurement équipés pour le contrôle des manœuvres occultes ; il a permis à des grands phares d’illuminer des territoires inconnus de la pensée, de l’âme des hommes vivant, par la voie de ceux sur qui son dévolu s’est porté : Homère, Hésiode, Pythagore, Platon, Aristote, Aristarque, Virgile, Plotin, Lucrèce, Hermès, quelques-uns ainsi, parmi les plus lumineux, les plus remarquables, les plus stables aussi, qui ont relayé cette connaissance, ce savoir primordial, cette pensée gnostique, qui jamais ne s’est éteinte.

Plus tard, lorsque le Christ eut profondément enraciné le trône divin dans l’esprit et les croyances des hommes, on en vit surgir, à travers une confuse végétation, trois grandes tiges-mères : la branche juive et traditionnelle de saint Pierre ; la branche grecque et dogmatique de Saint Paul ; la branche orientale, platonicienne et mystique de Saint Jean. C’est à ce rameau que se rattachent les Cathares, Rose-Croix, et Templiers. Moïse descendit des nuées tonnantes du Sinaï, tenant les Tables de la Loi ; le Christ, remontant dans la gloire, ne laisse que son Verbe au Monde. Le Verbe se condense dans un Évangile primordial. Ce proto-évangile hébreu, disparu, se fragmente en quatre Évangiles grecs qui se pulvérisent en une multitude de légendes rédigées dans tous les idiomes de l’Orient. Chaque nation possède sa biographie de Jésus ; chaque secte modifie à son idée l’image du Christ. Matthieu a écrit pour les Hébreux ; Marc pour les romains ; Luc pour les Hellènes ; Jean pour tous les peuples de l’Univers.

Dhoye est un de ces maillons de l’immense chaine qui nous relie à l’antique cosmogonie, l’un des plus récents maillons de de ce lien magique et sacré, héritier-transmetteur de la Tradition, en cela le lointain descendant spirituel de Dante, de la même progénie en tout cas que la glorieuse génération des philosophes-astronomes-sculpteurs-peintres de la Renaissance. Le XVIe et le XVIIe siècles européens ont vu d’innombrables lumières s’allumer à tous les horizons de la connaissance : Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Francis Bacon, Robert Fludd, Paracelse, Tycho Brahe, Érasme, Reuchlin, Thritemius, Copernic, Pereisc, Botticelli, Vinci, Gassendi, Bruno, Campanella, Galilée, Raphaël, Titien, Giotto, pour n’énumérer que quelques-uns des plus grands géants de la pensée, parmi ceux qui ont éclairé le passé pour nous en faire remonter les essences perdues ou oubliées. Et c’est par la magie, par la pratique de cette magie naturelle si chère à Ficin, que l’éclairage a pu prendre son intensité, projeter son ombre dans le miroir et donner de l’âme une image divine semblable à celle de celui qui la contemple.

Maquette 2020

Pour bien comprendre la peinture de la Renaissance, il faut bien comprendre l’influence que la magie a eu sur elle. Bien sûr il n’est pas question ici de la magie des amuseurs, mais bien de l’exercice sacré, quasi religieux, de préparation, d’application et de réalisation qui consiste à se mettre en relation avec les entités célestes et spirituels qui nous gouvernent d’en-haut, sans qui notre relatif équilibre ici-bas ne serait possible. C’est par le chant harmonieux de l’âme du Mage que les oreilles célestes perçoivent son appel à communiquer et à échanger ; pour mettre son âme en vibration de phase avec l’Univers.

Dès lors une initiation est nécessaire, des procédures doivent être connues, des clés secrètes doivent en être révélées : cela s’appelle l’ésotérisme, l’école des secrets.

L’ésotérisme, la tradition, l’hermétisme, ont tous à voir avec l’immortalité de l’âme ; sa préexistence ; les conditions de son existence et de sa propagation (par la lumière).

En dehors de tout contexte religieux ou idéologique, la Connaissance, ou gnose, est la possibilité d’attribuer une valeur sacrée à la vie de l’âme et de considérer la vie d’après la mort du corps comme un potentiel continuum et une perspective plausible. L’expérience ‘en-soi- est le seul chemin, la seule voie possible à la réalisation de cette croyance en un avenir avéré.

Lorsque la substance matérielle ne formait pas un corps, elle était désordonnée. Et elle en possède toujours quelques traces dans son pouvoir de croître et décroître que l’homme appelle la mort.

Lorsque la Gnose illumine toute la conscience, Elle enflamme de nouveau l’Âme entière et l’élève en la détachant du corps. Ainsi transforme-t-elle l’homme entier en lui transmettant sa nature fondamentale. C’est que la divinisation de l’âme qui accompagne la vision de la beauté du Bien, ne peut s’accomplir dans le corps mortel.

Les livres hermétiques sont les derniers monuments du paganisme. Ils appartiennent à la fois à la philosophie grecque et à la religion égyptienne, et par l’exaltation mystique ils touchent déjà au moyen âge.

Ils sont une sorte de mise au clair, de ‘digest’ dirait-on aujourd’hui, dans le mélange confus de dogmes hétérogènes, de toutes les religions et doctrines qui faisaient flores à Alexandrie entre le Ier et le IIe siècle après J.-C.

Les livres d’Hermès Trismégiste ne peuvent soutenir la comparaison ni avec la religion d’Homère ni avec la religion chrétienne, mais ils font comprendre comment le monde a pu passer de l’une à l’autre.

En eux, les croyances qui naissent et les croyances qui meurent se rencontrent et se donnent la main. Il était juste qu’ils fussent placés sous le patronage du Dieu des transitions et des échanges (Hermès-Toth), qui explique, apaise et réconcilie ; du conducteur des âmes, qui ouvre les portes de la naissance et de la mort ; du Dieu crépusculaire, dont la baguette d’or brille le soir au couchant pour endormir dans l’éternel sommeil les races fatiguées, et le matin à l’orient pour faire entrer les générations nouvelles dans la sphère agitée de la vie.

Hermès, en entrant dans l’église, fit pénétrer l’hermétisme religieux dans la pensée philosophique, dans l’amour, dans la poésie et dans la peinture ; il n’est pas pour rien dans l’immense œuvre de la Renaissance.

Le nécromancien du Moyen âge, concoctant ses mixtures obscènes, et l’évocateur, entonnant ses épouvantables invocations, étaient l’un et l’autre des parias, obligés d’exercer leur métier en cachette. On serait en peine de reconnaître ces personnages désuets chez les mages pieux et philosophes de la Renaissance. Cette transformation est à l’image de celle qui fit de l’artiste, du simple artisan qu’il fut au Moyen Âge, le compagnon savant et raffiné des princes de la Renaissance.

Le Moyen Âge et la Renaissance, qui pourtant ont été le théâtre d’ignominies en tout genre, ont cependant permis la production d’œuvres d’art d’une majestueuse beauté, d’une splendeur inégalée, parce que les motifs d’inspiration étaient transcendés par le génie des artistes ; parce que la magie ‘opérait’, elle était active dans les sources de l’œuvre, à la racine de son inspiration, comme une communication surnaturelle avec le cosmos, par les orbes et les sphères de l’Univers et des planètes.

Cette magie consistait surtout en la création d’images talismaniques, utilisant les puissances naturelles en les convoquant à la réalisation des ‘œuvres’, et tel l’Alchimiste avec ses ingrédients de matière spirituelle, ses substances éthérées, le Centulois se sert de la ‘matière plastique’ pour sublimer l’Image, pour exalter l’émotion et la pensée, provoquer la méditation, stimuler l’imagination. Et par une lente incantation intérieure, une invocation ‘en-soi’ des choses célestes et naturelles, ravive la Tradition, fait réapparaître (émerger, émaner) en creux et reliefs, le filigrane immatériel de la connaissance, perceptible comme un reflet dans le miroir de l’être. Ce je ne sais quoi qui fait bondir le cœur et fléchir les genoux.

Les peintres de la Renaissance sont allés plus loin que Dieu dans sa représentation de lui-même. Dhoye est un héritier des mages de la Renaissance, le filius de Ficin, l’enfant gâté de Botticelli.

En visitant les chapelles lombardes – à Vérone, Venise, Padoue –, on peut vérifier que la peinture (la représentation picturale), à l’égal de l’écriture, est un immense moyen de connaissance et de transmission. Elle permet et développe l’élévation spirituelle, la découverte du monde, la prise de conscience de soi et des autres. Rien tant que la peinture n’offre cette surface de projection où chacun peut confronter ses représentations personnelles aux réalités du monde et aux mystères de l’âme humaine… et en tirer de la pensée, de l’intuition et de l’émotion positive. L’art est un puissant moteur à émotions, auquel il faut toutefois apporter une énergie : l’inspiration ; des rouages : le génie ; et une transmission : le talent.

Dhoye réunit ces quatre membres nécessaires à son action de peintre, poussant comme une ramure indépendante sur l’arbre de la Philosophia perennis, qui s’appuie sur la Tradition pour rénover les concepts, les adapter à la compréhension de l’époque ; transmettre à la fois de l’espoir et de la gravité, des émotions et des élucubrations spéculatives ; en tout cas des images d’une éblouissante beauté.

Cela sonne comme le titre d’un antique manuscrit ; comme la
‘Théogonie d’Hésiode’, ou les ‘Métamorphoses d’Ovide’.
La Divine Fantaisie est un glissement à la fois sémantique et pictural
de la Divine Comédie de Dante. Une version ‘fantaisiste’ de l’écrit
mythique, mais pas au sens de légèreté, plutôt dans celui de liberté. Une
‘vision’ intérieure de ce qui n’est habituellement pas destiné à être vu,
et même souvent réservé aux initiés. Mais par cette sorte de fantaisie
qui n’appartient qu’à lui, l’artiste dévoile des pans de la connaissance
traditionnelle, avec pudeur ou avec violence, gardant cependant
toujours une partie d’ombre. Ce qui n’est pas su, ce que peu d’entre
nous savent, a, par cela même, une valeur et un poids plus importants.
Dans une acception ancienne, ‘fantaisie’ avait le sens d’imagination.
En musique, une ‘fantaisie’ est une pièce instrumentale qui n’est pas
soumise à des règles formelles préétablies.
Dans la forme littéraire le mot désigne une œuvre d’art soustraite à des
règles fixes, dans laquelle l’imagination se donne libre cours. Mais
aucune œuvre spécifique de représentation picturale ne peut s’honorer
du nom de ‘Fantaisie’. Dhoye inaugure donc, à sa manière, libre, sans
contrainte ni règle, par l’expression de son imagination et son immense
faculté de création.
La ‘Divine Fantaisie’ est donc un ensemble d’œuvres d’art, picturales,
d’inspiration libre et d’expression indépendante. Pour ce qui est la part
de la fantaisie.
Pour ce qui est de la part du ‘Divin’, c’est Dante qui fait le ‘lien’, qui
établit un pont de Lumière entre le domaine du spirituel et du sacré et
ce qui paraît être une œuvre profane.
Car la recherche de cet artiste est plus du côté du Beau et du sacré, que
de la forme minimale et souvent vulgaire que propose la création
artistique au XXIe siècle. Mais son propos n’est pas le même.
La beauté ne peut provenir que de la nature ou de l’art ; et dans l’art il
faut comprendre la pensée, l’intuition, l’extase, la contemplation, qui
sont du ressort d’une forme de beauté intérieure.
« La contemplation par intuition est un regard libre et pénétrant de
l’esprit, se portant sur l’objet à appréhender. »
Umberto Eco (Art et beauté dans l’esthétique médiévale)
La beauté sensible est la beauté qui se perçoit par les sens ; par rapport
à la beauté intérieure, qui ne se perçoit que par l’âme et l’expérience de
son existence indestructible, mais parfois sous l’influence de quelque
émotion extérieure éprouvée à la vue de la Nature ou d’une image à la
beauté surnaturelle (aussi bien une musique qu’une peinture).
« Observe le monde et toutes les réalités qu’il renferme ; tu y
découvriras maintes choses belles et séduisantes. »
(Hugues de Saint Victor – Soliliquium de arrha animae)
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Dhoye n’est pas seulement un peintre, c’est un penseur, un
contemplatif intuitif et génial – c’est-à-dire pourvu de la capacité de
‘générer’, de créer donc, y compris des concepts. Et des œuvres : des
œuvres inimaginables, jamais vues, des séries à couper le souffle, dans
des directions de recherche infiniment variées (comparable aux
‘périodes’ de Picasso), riches, abondantes, des styles, des genres, des
techniques, des supports autant qu’il en existe ; des inspirations
surprenantes, avec un humour permanent, un sens de la dérision parfois
dévastateur, un talent hors du commun, spectaculaire.
Il pense et repense l’histoire de l’Homme sur Terre, il forge sa propre
cosmogonie. Il est comme les moines copistes du Moyen-Âge, qui
recopiaient sans cesse les textes, les arrangeant à leur guise, y apportant
quelque fantaisie ; mais pour eux, c’était le seul moyen à la fois
d’apprendre et de transmettre. Au lieu de copier du texte, Dhoye le
transpose en images, en dessins, en formes humaines et animales, en
dessins somptueux riches d’innombrables détails subtils. Il transpose la
partition artistique, d’un mode d’expression dans un autre, mais il ne
modifie en rien le verbe, la tradition.
Dhoye n’obéit pas à un désir bizarre ou fantasque, qui ne
correspondrait à aucun besoin essentiel, comme la fantaisie pourrait le
laisser croire ; au contraire, sa ‘Divine Fantaisie’ répond à la volonté
essentielle de ‘remuer’ l’incroyant ; de secouer ‘l’arbre de la
Connaissance’, d’amener le ‘voyeur’ à une réflexion sur son ‘sort’ –
son destin, son ‘fatum’, sa fin, sa mort… et après. Car pour chacun de
nous, l’envie de connaître va de pair avec celle de ‘percer le secret’ : un
secret qui est en lien étroit avec cet Esprit qui se manifeste dans le
visible. Éternel, dispensateur d’éternité ! Lumière, dispensateur de
lumière ! Vie, dispensateur de vie ! Bienheureux, dispensateur de
béatitude ! Connaissance, dispensateur de connaissance !
L’artiste nourrit sa peinture à la source de cette Connaissance très
ancienne, l’antique Tradition-Une, Tradition primitive qui nous est
transmise par tous les rameaux de l’arbre lumineux chargé des pommes
d’or, par tous les intermédiaires de la longue liste des initiés.
La Divine Fantaisie n’est pas une aimable réflexion, une
représentation ‘fantaisiste’ de l’œuvre de Dante ; c’est la vision
intérieure projetée sur la toile ou le Velin d’une véritable pensée,
profonde, féconde ; la manifestation authentique d’une interprétation
personnelle de l’œuvre du penseur florentin et l’assurance de sa
transmission ; c’est le témoignage puissant de la créativité sans borne
d’un artiste d’exception.
Mais alors, cette ‘fantaisie’ est-elle destinée à ‘quelque chose’ ? A-telle un but ? Une destination ? Une intention ? Quel sens lui donner ?
Est-elle le fait d’un illuminé talentueux ou l’expression d’un génie
inspiré ? Cette œuvre n’est-elle que de questions, ou bien contient-elle
des réponses, des clés ?
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Elle est en fait la descendance ‘naturelle’ des grands peintres initiés de
la Renaissance, Vinci et Botticelli en haut de la liste, et dont Dhoye est
le moderne passeur, le transmetteur contemporain, l’actuel éveilleur. Il
ranime les mythes fondateurs, les dépoussière, les sublime lentement
dans son creuset mental.
Dans ‘La Table d’Émeraude’, Hermès Trismégiste préconise :
Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais, doucement, avec
grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en
terre, et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures.
Dhoye est une sorte d’îlot-phare dans la brume ambiante, émettant à
distance une lumière à éclats parfois occultés, relayant le message
d’éternité envoyé depuis la nuit des Temps et les profondeurs du
Cosmos par les Grands Ancêtres, fondateurs des générations, receveurs
du Souffle de la Connaissance, après l’involution adamique.
Il est un ‘messager’ du Cosmos ; il ne délivre pour autant aucun
message ; il nous renvoie à l’état d’origine, et par une fantaisie quasidivine, transmet à la vieillesse du poisson l’espoir d’une jeunesse
versatile.
Il n’a de réponse à aucune question ; il invite seulement à regarder
l’immense Nature, à méditer au bord d’un fleuve, à contempler les
vagues de l’océan profond et à s’en émouvoir comme un enfant.

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